L’évolution de Pascal Picq

Ecrit par Christophe de La Chaise. Publié dans A la une, Coopération, Management

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Publié le février 22, 2013 avec Commentez

Smith Haut Lafitte, par un magnifique soleil d’hiver…

Une vingtaine de décideurs sont assis, attentionnés, autour d’un homme, qui, à priori, n’a pas grand’chose à voir avec l’entreprise…

La cinquantaine, cheveux poivre et sel, grand, un regard vif derrière des lunettes classiques, l’homme est un des plus éminents spécialistes de la paléoanthropologie moderne.

Pascal Picq (c’est bien lui !) vient nous parler de son sujet de prédilection : l’adaptation au changement.

Pascal Picq (photo JM Laugery)

Quelques paradoxes pour lancer cette conférence inscrite dans le cadre du cycle: « Valoriser le capital humain »:

–          Vous qui pestez contre vos concurrents, soyez plutôt satisfaits : car, quand il y a compétitivité, il y a innovation ! (si vous êtes leader sans concurrents majeurs, le risque est fort que vous vous endormissiez et le réveil peut-être brutal !…)

Ex : Kodak : leur confortable avance technologique sur l’argentique leur a fait baisser la garde et manquer la révolution du numérique…

–          Nos succès entraînent des crises (pour la même raison…)

–          Il est plus facile d’analyser ses échecs que les raisons de nos succès… (un mal français ?…)

–          Ceux qui partent à la retraite tôt, sans s’être préparés, sont plus en danger que d’autres, car notre cerveau est fait pour fonctionner avec d’autres cerveaux… il faut donc le stimuler…

Darwin et les Français.

En France, on est créatif : nous sommes doués pour faire émerger de nouvelles idées (ce que Pascal Picq appelle la variation), moins bons pour sélectionner ces idées et surtout pour les mettre en œuvre…

Ex : les Français ont 47 entreprises parmi les 500 premières entreprises du monde, avec 4 ténors dans les 15 premières mondiales…

Nous sommes très bons pour faire progresser des leaders, augmenter leurs forces (c’est « lamarckien ») ; les Américains sont très forts pour faire émerger des start up, grâce à la culture de l’essai-erreur.

Aux Etats-Unis, les 25 premières entreprises ont moins de 40 ans d’existence…

Un capital-risqueur, sur 10 entreprises, misera sur les 2 entreprises qui émergeront, avec un potentiel de pépite, même si 3 échouent…

Picq nous recommande donc le processus suivant :

variation (je suscite de nouvelles idées)

sélection (j’en choisis)

développement (ou mise en œuvre : je mets en pratique).

Le succès national d’une entreprise toulousaine, l’entreprise POULT, leader du biscuit en marque de distributeur, est emblématique de cette méthode de sélection/adaptation.

1)      Variation : Le PDG réunit tous ses salariés, leur demande leur avis pour améliorer le fonctionnement.

2)      Sélection : par groupe-projet, les salariés choisissent certaines idées : ré-intégrer le service qualité en interne, proposer aux ouvriers de gérer eux-mêmes les plannings ; chaque salarié est invité à innover.

3)      Développement : je mets en œuvre ; les 3 idées ci-dessus (entre autres) ont été appliquées ; l’innovation (y compris sociétale) est devenue le maître-mot ; et POULT connaît une croissance à 2 chiffres depuis 5 ans et cumule les prix de l’entreprise de l’année !…

 

Statégie r, stratégie K.

Observons la nature, nous dit Pascal Picq : elle développe 2 grands modèles d’animaux qui correspondent à deux stratégies :

–          La stratégie « r », alliant le grand nombre et un investissement qualitatif faible ; ex : les rongeurs : ils se reproduisent très vite, les parents s’en occupent peu.

Appliqué à l’entreprise : pour investir un nouveau marché (nouveau pays émergent), mieux vaut lancer des produits de faible qualité (stratégie »r »).

–          La stratégie « K », de qualité : c’est l’exemple des mammifères comme le chimpanzé : il y a souvent une seule progéniture, avec un fort investissement parental, une grande taille, une vie sociale complexe.

Appliqué à l’entreprise : sur un marché mûr, appliquer une stratégie qualitative, avec des produits à haute valeur ajoutée.

 

Pour Pascal Picq, toute stratégie « K » est basée sur l’épanouissement des femelles ou des femmes.

Notre ami paléoanthropologue fait un parallèle audacieux entre dette et inégalité homme-femme :

–          au Nord de l’Europe, des pays où les femmes sont égales aux hommes (ou, traduction féministe : les hommes sont égaux aux femmes !!) : la dette de l’état est quasi-nulle…

–          L’Europe du Sud, en revanche, réputée pour son côté « macho », donc inégalitaire, a un endettement par état très important.

Conclusion de Pascal Picq : les Grecs ne rembourseront jamais !!…

Le mot de la fin de notre brillant conférencier: membre d’un jury de l’Entrepreneur de l’année associant un grand magazine économique : « il y a 5ans, tous les chefs d’entreprise à qui je parlais de RSE ((Responsabilité Sociétale de l’Entreprise) se moquaient bien du développement durable (« bien d’autres soucis, avec la Chine!… »).

Au dernier prix de l’entrepreneur, tous les lauréats ont été sélectionnés à partir de critères RSE : diversité, management humain, souci de l’environnement : de quoi nourrir de beaux espoirs pour l’avenir!

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A propos Christophe de La Chaise

Bordelais depuis 20 ans, directeur du CECA. La conviction du CECA, à mi-chemin de la communication et du conseil RH, est que la performance de l’Entreprise (au sens large) vient de son capital humain. Cette conviction s’exprime lors de l’Université Hommes-Entreprises, un séminaire de réflexion de « remise en question positive » qui réunit plus de 500 décideurs fin août à Bordeaux (château Smith Haut Lafitte) et depuis 2012, avec le cycle Valoriser le capital humain. Mots clés du CECA : films, conseil en communication/RH, veille/informations.

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