Ralentir pour réussir

Ecrit par Christophe de La Chaise. Publié dans A la une, Le temps

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Publié le mars 16, 2014 avec Commentez

Dans notre quotidien, avec l’impression d’accélération du temps provoqué par internet, le rapport au temps devient un sujet essentiel.

Pouvons-nous être moins dépendant du temps? comment subir moins son stress?

Pour cette 3ème année du cycle Valoriser le capital humain, nous avons demandé à notre philosophe Isabelle Sorente d’intervenir pour nous sur ce thème et de bien vouloir nous éclairer sur ces questions.

(Isabelle était déja intervenue lors de la 11ème Université Hommes-Entreprises sur la valeur du temps, grâce à l’entremise précieuse d’Albéric de Bideran).

D’emblée, Isabelle nous incite, à l’instar du sociologue allemand Harmut Rosa, à trouver des oasis de décélération.

Pour elle, ce site magnifique des Sources de Caudalie en est une.

Le temps, c’est notre rapport aux autres, dit-elle.

Nous avons parfois la sensation d’avoir vécu plusieurs vies à 40 ans : 2 fois la vie de notre mère, car on a peut-être déménagé 3 ou 4 fois et changé 4 ou 5 fois de travail alors que nos parents étaient beaucoup plus statiques.

Les 5 temps.

Isabelle Sorente distingue 5 temps.

En terme d’altérité, le court-terme, c’est le temps de l’égoïsme : que va-t-il se passer pour moi ? que vais-je avoir pour le repas ?etc…

Le moyen terme : le temps des proches, de la famille : que vais-je leur transmettre ?

Le long terme : c’est le temps des dirigeants, des hommes politiques qui sont censés penser aux autres.

D’où la déception et le décalage, lorsque l’on voit un dirigeant politique nous raconter son story-telling sentimental…

L’éternité ou l’infini : le temps qui n’existe pas, c’est  le kairos des Grecs : celui des artistes, des philosophes, des religieux : ce qui est hors du temps

Les enfants nous ramènent également à l’infini.

Le temps réel : il est apparu dans notre hyper-modernité ; c’est le temps mesurable par des machines

Il a un côté schizophrène :  c’est par exemple le mail qui doit succéder à un mail ou les bandeaux d’information défilants sur les écrans d’information…

Le temps réel, c’est aussi le temps passé sur internet, sur des jeux vidéo pour libérer sa tension.

Il y a un aspect addictif ;

Il n’y a pas de possibilité d’arrêter le mouvement.le temps

Et pourtant, il n’y a pas de raison  d’être esclave du temps.

2 grandes sources d’incertitude : la terre et la crise financière.

La terre : aura-t-on encore longtemps les ressources pour nourrir tous ses habitants ?

Crise financière : pas sûr que nos enfants aient le même bien-être que nous…

Trop de temps réel nous fait souffrir…

Trop de maîtrise nous fait souffrir, elle nous éloigne de nous, du sens que l’on cherche à la vie, contrairement au courage et à notre quête de liberté.

 Le burn out, par exemple, est une souffrance symptomatique.

Dans le  burn out : ce qui est fatiguant, ce n’est pas seulement la charge de travail, c’est de fournir la preuve en permanence que l’on est bien en train de travailler : ex répondre à un mail tout de suite.

Si on ouvre le four toutes les 2 min pour savoir si le pain est cuit, le pain ne cuira jamais…

       Transparence

Autre chose qui contribue au stress : la transparence.

On est dans un monde fait pour les extravertis.

Sont extravertis, les gens qui se ressourcent plus facilement avec les autres. (et donc, introvertis, ceux qui arrivent bien à se ressourcer en étant seuls…)

Hors, on a besoin d’un peu de solitude pour travailler.

Ne pas faire de pause entre des réunions, des activités est fatiguant, voire épuisant.

3)       le pacte capitaliste : tout travail mérite salaire, s’est transformé en : tout travail mérite un nombre : il faut le mesurer.

L’amour peut être une caractéristique du travail bénévole.

On a besoin de passion, d’amour et d’enthousiasme.

Réussir : quoiqu’il arrive, il faut rester présent.

Qu’est ce qui nous ramène à nous-même ?

          Connaître ses moments où on est extraverti ou introverti.

          Quand on tient beaucoup  à quelque chose, on est prêt à y mettre le temps.

L’impatience ne ramène pas vers soi-même.

          La compagnie des autres qui cherchent, nous aident à partager les difficultés et les réussites.

       Le rapport au  temps est donc essentiellement un rapport aux autres, mais aussi un rapport à soi.

       Il est important pour chacun d’entre nous, de bien savoir naviguer entre ces différents temps.

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A propos Christophe de La Chaise

Bordelais depuis 20 ans, directeur du CECA. La conviction du CECA, à mi-chemin de la communication et du conseil RH, est que la performance de l’Entreprise (au sens large) vient de son capital humain. Cette conviction s’exprime lors de l’Université Hommes-Entreprises, un séminaire de réflexion de « remise en question positive » qui réunit plus de 500 décideurs fin août à Bordeaux (château Smith Haut Lafitte) et depuis 2012, avec le cycle Valoriser le capital humain. Mots clés du CECA : films, conseil en communication/RH, veille/informations.

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