La pleine conscience de Christophe André

Ecrit par Christophe de La Chaise. Publié dans A la une, Coopération

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Publié le octobre 03, 2012 avec 2 Commentaires

colloque Emergences 28 sept 2012

Pleine conscience, élever son niveau de conscience : la conférence qui commence ce vendredi  dans un théâtre de Bruxelles* me transporte tout droit dans un numéro de Psychologies Magazine !…

* Se changer, changer le monde- 28 septembre 2012 –

Je connais bien et apprécie particulièrement deux des quatre intervenants de la journée : Christophe André, le psychiatre bien connu et le moine-bouddhiste Matthieu Ricard, auteur d’une remarquable conférence sur l’altruisme lors de notre 17ème Université Hommes-Entreprises.

(voir : http://universitehommesentreprises.com/les-editions-precedentes/17eme-universite-hommes-entreprises-2 )

Les deux autres conférenciers sont également des personnalités de renommée internationale : le champion de l’agriculture écologique, Pierre Rabhi et le chercheur initiateur de la pleine conscience, Jon Kabat-Zinn.

10h43, je me fraye une place dans le grand théâtre Saint-Michel jusqu’à ma place, juste à temps pour écouter les dernières recommandations de l’organisateur, le talentueux Ilios Kotsou, chercheur en psychologie des émotions à l’Université de Bruxelles (UCL).

Résumé de quelques passages marquants :

Christophe André

Pour changer le monde, le rendre meilleur, il faut d’abord se changer soi-même.

Christophe André, Ilios Kotsou  et ses amis vont nous montrer tout au long de cette journée, que, à l’opposé du sentiment d’impuissance que l’on a parfois devant les injustices, les guerres, la pollution, on peut agir sur le monde car il y a une forte corrélation entre notre changement intérieur et le changement à l’extérieur de nous-mêmes…

Impact des conditions modernes

Ainsi, la première étape du changement, c’est de travailler sur notre intériorité et se poser la question : quel serait le bon usage de nos conditions de vie moderne?

Avoir à l’esprit que la technologie amène parfois plus de mal que de bien…

Plus une société est matérialiste par rapport a l’idée de partage, de spiritualité, plus elle entraine une habituation d’hédonisme, plus elle procure des satisfactions immédiates  mais pas de bonheur…

La tendance au matérialisme se développe auprès des étudiants, envahit la population entière, et cela pollue littéralement les valeurs que l’on a…

Cette observation est manifeste aux Etats-Unis depuis longtemps, mais elle envahit les autres pays, y compris les plus pauvres…

Plus on est exposé à un univers marchand, plus on est pollué, imprégné comme la pollution imprègne l’air ou l’eau…

Alors, comment réagir a la pléthore de nourriture, de biens matériels ?

Christophe nous raconte l’embarras qu’il a eu, lorsque, revenant d’une conférence, il s’achète un sandwich à la gare et s’aperçoit que le sandwich est disproportionné par rapport à son appétit…

Que faire ? avaler le sandwich entièrement, en ayant la désagréable impression de manger au-delà de sa faim ou en jeter une partie, mais en étant parfaitement conscient du gâchis effectué ?

Nous sommes souvent confrontés à ces mini cas de conscience, car notre société, axée sur la consommation des biens matériels, nous entraîne souvent à ces mauvaises habitudes…

 

Expérience  sur des souris jumelles

Pour illustrer cette idée, Christophe André nous raconte ensuite l’expérience sur des souris.

Le principe ? : elles peuvent se servir autant qu’elles veulent de nourriture habituelle pour souris: là, pas de problème : elles s’auto-régulent et leur poids et équilibre ne varient pas.

Si on leur propose de la nourriture de cafétéria, une nourriture variée mais riche, qui change tous les jours, elles mangent alors beaucoup trop et deviennent obèses…

les 2 souris, en fin d’expérience

 

De la même manière, les chercheurs ont remarqué, en observant l’élaboration des tableaux de la Scène à travers les siècles, que la taille des assiettes et des plats représentée sur chaque peinture a augmenté de 70% depuis les premiers tableaux de la Scène jusqu’à nos jours…

Est-on capable d’écouter notre corps et de réguler notre nourriture?

Plus notre esprit vagabonde, moins on se sent bien…

L’attention portée a donc un impact énorme sur notre bien-être.

Voir le dossier de Cerveau et Psychologie sur l’Attention (dossier internet) :

http://www.cerveauetpsycho.fr/ewb_pages/f/fiche-article-l-attention-piegee-27853.php

 

La pression du temps

Nous sommes de plus en plus pris par des tâches multiples à réaliser, avec une pression du temps.

Des études montrent que le sentiment d’urgence peut bouleverser le comportement.

 

Voici l’expérience réalisée auprès d’un panel d’étudiants en théologie qui viennent de travailler sur le texte bien connu du Nouveau Testament: le Bon Samaritain, en vue de préparer une homélie.

(un homme est jeté à terre, battu par des voleurs, et laissé pour mort ; 2 premières personnes se succèdent, voient l’homme à terre, mais ne s’arrêtent pas… le 3ème, « le bon Samaritain », pourtant honni par la bonne société de l’époque, s’arrête, le charge sur son âne et prend en charge sa guérison).

On annonce aux étudiants qu’ils vont pouvoir enregistrer l’homélie qu’ils ont préparée dans un studio à une centaine de mètres.

Pour la moitié d’entre eux, ils ont tout leur temps pour y aller.

On prévient l’autre moitié du groupe que le studio a un horaire à respecter et qu’il faut se dépêcher…

Sur leur chemin, on a placé un comparse, il est à terre et demande de l’aide…

63% des étudiants n’ayant pas la pression du temps s’arrêtent.

Mais seulement 10% du groupe pressé s’arrête …

Il y a donc un risque manifeste, si l’on est trop pressé, de perdre son humanité.

Jacques Lecomte dit que l’Homme est plutôt câblé pour faire le bien, mais ses dispositions naturelles sont entravées par de nombreux éléments extérieurs…

 

Alors, que faire?

1) prendre conscience de cette pression extérieure, du matérialisme ambiant, de la pression du temps.

2) agir en commençant par soi

3) ne pas sous-estimer l’adversaire

Exemple: la tendance à la récupération de la publicité

Ex: la publicité pour la marque de voiture « Mini » il y a quelques années, dont le slogan était : « Mieux qu’une psychothérapie, « be mini » !!

4) Méditer

Avec la méditation:

– on se relie au monde

– on est plus attentif à nos émotions sensibles.

Cette prise de conscience pourrait être résumée par la formule d’Einstein:

« Notre époque se caractérise par une profusion de moyens mais une confusion des intentions. »

Ce que j’en retiens:

1) Nous devons savoir nous protéger contre l’agression de notre environnement:  pression du temps, pression de la consommation, pression de la mode (voir les files d’attente pour l’achat de l’I-phone 5, dans nos pays en crise!…)

2) la solution: faire des pauses, savoir ralentir (tout cela me rappelle la conclusion de « La valeur du temps », notre Université Hommes-Entreprises 2011) et, pour les uns, méditer, pour les autres, prier.

3) avoir de l’empathie pour les autres (et pour soi!) : importance de prendre le temps du dialogue, du partage d’idées, qui enrichit; d’être à l’écoute de nos voisins, de nos proches; de comprendre que parfois, une simple présence  suffit…

 

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A propos Christophe de La Chaise

Bordelais depuis 20 ans, directeur du CECA. La conviction du CECA, à mi-chemin de la communication et du conseil RH, est que la performance de l’Entreprise (au sens large) vient de son capital humain. Cette conviction s’exprime lors de l’Université Hommes-Entreprises, un séminaire de réflexion de « remise en question positive » qui réunit plus de 500 décideurs fin août à Bordeaux (château Smith Haut Lafitte) et depuis 2012, avec le cycle Valoriser le capital humain. Mots clés du CECA : films, conseil en communication/RH, veille/informations.

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2 Commentaires

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  1. De nos jours le corps a pris toute la place.
    Or plus on lui donne et plus il nous fait souffrir, pas seulement physiquement, hélas…
    Le retour à la reconnaissance de l’esprit, présent dans chaque geste de notre vie, s’impose. Sans la sollicitation et le recours à une vie spirituelle l’homme ne peut atteindre un bonheur qui cependant est à sa portée à chaque moment où un choix s’impose.
    La notion de temps a perdu aujourd’hui sa valeur puisque les attentes matérielles apportées par la science et le matérialisme sont omniprésentes dans notre vie et ne peuvent jamais être assouvies.
    De plus ces attentes étant comblées en partie par le désir de posséder et de satisfaire les envies, laissent de moins en moins de place à la réflexion, à la méditation, à la prière.
    Dans cet état agité et obstrué, l’homme devient taciturne, pessimiste, craintif et sa santé n’attend pas longtemps pour se dégrader rapidement, parfois jusqu’au désespoir .
    Il est urgent de revenir à un entretien sérieux de l’esprit, seul capable de redonner à l’homme le sens de sa dignité, de sa grandeur et de sa capacité au bonheur.

    • merci oncle Philippe
      je n’avais jamais fait le lien entre le pessimisme des Français et le matérialisme associé à une perte de spiritualité…
      j’ai en tête deux personnalités qui exhortent à la spiritualité et au détachement du matérialisme et de la course à la consommation, stratégie, par défaut, de notre pays depuis la fin des 30 glorieuses: il s’agit de notre sympathique prêtre des loubards, Guy Gilbert et de l’ami du Dalaï Lama, Matthieu Ricard.
      Tous les deux disent que l’incitation de notre société à consommer toujours plus, dans une société qui a perdu manifestement tous ses repères, est dommageable, et, chacun avec ses convictions, Guy Gilbert avec ses 40 années de prêtrise et de vie au service des jeunes en perdition, Matthieu Ricard avec la sagesse du boudhisme et son recul de scientifique, arrivent à la même conclusion.
      Il me semble que c’est la même que la vôtre et je suis d’accord.

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