Bienveillance: illusion ou réalité ?

Ecrit par Christophe de La Chaise. Publié dans A la une, Coopération

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Publié le juillet 02, 2013 avec Commentez

Smith Haut Lafitte – Par une journée pluvieuse de juin, nous sommes à nouveau rassemblés lors du cycle Valoriser le capital humain pour étudier avec Juliette Tournand la stratégie de la bienveillance, qu’elle a élaborée.

Elle s’est appuyée sur deux personnalités: le stratège chinois Sun Tsu et le mathématicien Rapoport.

Dans « l’art de la guerre », Sun Tsu explique que la réponse suprême est de gagner sans avoir à combattre.

« Qui sait quand combattre et ne pas combattre, connaît les voies de la victoire »

La théorie des jeux

Le mathématicien Rapoport s’est illustré, quant à lui, dans la célèbre théorie des jeux.

Au départ, des chercheurs s’interrogent sur les principes des relations humaines : la coopération est-elle naturelle ? Est-elle réciproque ?

Ils réunissent 14 équipes de chercheurs en les invitant à jouer à un jeu : à chaque séquence du jeu, les équipes ont le choix de coopérer ou de ne pas coopérer.

Les règles sont les suivantes :

          Si chaque équipe coopère, elle bénéficie de 3 points ;

          Si une équipe coopère, l’autre non : l’équipe coopérante a0 point, l’autre 5 ;

          Si les 2 équipes refusent de coopérer, chacune gagne 1 point.

Sur un coup, il est tentant de ne pas coopérer ; mais la théorie des jeux est calquée sur la réalité, et se joue sur un très grand nombre d’échanges (plus de 15 000 coups disputés).

A l’issue des 15 000 coups échangés :

Les plus mauvais scores sont ceux des équipes non-coopérantes. (elles ont recherché le 5-0)

C’est Anatol Rapoport, qui a joué le plus souvent possible la coopération, qui gagne.

Dans un deuxième temps, on explique la stratégie à tout le monde.

C’est encore le mathématicien Rapoport qui gagne le 2ème round !

Rapoport gagne, car il a totalisé le plus de scores à 3 points : il a amené d’autres à la coopération.

Il est rassurant de constater que la stratégie de la bienveillance, basée sur une forme de recherche du bien commun sur le long terme, est toujours gagnante.

Immédiatement, on peut apprécier les avantages pour le milieu de l’entreprise, trop souvent perçue comme un lieu d’affrontement, qui obéit à la loi du plus fort…

Stratégie de Rapoport :

Il ouvre en coopérant

Il coopère tant que l’autre coopère

Il pose un refus dès qu’il a reçu un refus

Il re-coopère dès que l’autre re-coopère.

On ne peut pas forcer quelqu’un à coopérer

En d’autres termes, par rapport à la bienveillance :

Ouvrir en coopérant                                              →               bienveillance pour l’autre

Coopérer tant que l’autre coopère                          →                bienveillance pour les deux

Opposer un refus dès qu’il a reçu un refus              →                 bienveillancepour soi

Re-coopérer dès que l’autre re-coopère :                →                 bienveillance pour les deux

Il y a donc toujours la bienveillance et la réciprocité.

Également de la clarté, car son jeu est simple à comprendre.

Les 4 principes

La méthode de Rapoport a conduit JulietteTournand à la stratégie de la bienveillance, qui s’appuie sur 4 principes :

·         La Bienveillance : une décision humaine, personnelle du stratège

– D’orienter sa veille vers ce qui est, va bien, fait du bien, sera bien

– A propos de lui, l’autre, les autres, la situation

 

·         La Réciprocité : loi de la nature

– A son heure, elle renvoie au stratège la qualité de ce qu’il a envoyé

 

·         La Clarté : travail humain du stratège

– Distinguer ce qui est de ce qui n’est pas, soi de l’autre

– Le présent du passé et de l’avenir et, bien sûr, le cap commun

 

·         La Liberté d’innover : nécessité, sécurité et jouissance du stratège

Quand elle sert la réunion des 3 autres forces.

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Pour aller plus loin:

http://www.juliette-tournand.com

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A propos Christophe de La Chaise

Bordelais depuis 20 ans, directeur du CECA. La conviction du CECA, à mi-chemin de la communication et du conseil RH, est que la performance de l’Entreprise (au sens large) vient de son capital humain. Cette conviction s’exprime lors de l’Université Hommes-Entreprises, un séminaire de réflexion de « remise en question positive » qui réunit plus de 500 décideurs fin août à Bordeaux (château Smith Haut Lafitte) et depuis 2012, avec le cycle Valoriser le capital humain. Mots clés du CECA : films, conseil en communication/RH, veille/informations.

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