Réconcilier bonheur et travail: est-ce possible?

Ecrit par Christophe de La Chaise. Publié dans A la une, Bonheur et performance

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entreprise libérée

Publié le octobre 05, 2015 avec Commentez

9% des salariés engagés

9% des salariés sont engagés dans les entreprises, en France… contre 21% en Allemagne, nous dit le professeur Isaac Getz…
Le constat est quelque peu inquiétant, surtout lorsque l’on apprend que 65% des salariés sont désengagés – ils sont bons exécutants, mais pas plus et, plus inquiétant, 26% des autres salariés sont activement désengagés : ils démontrent chaque jour leur désengagement et leur malheur et veulent le partager auprès des engagés !…
Comment expliquer ce taux de motivation médiocre ?
Isaac Getz prend la métaphore de la fleur : si une fleur n’est pas belle, c’est la faute du jardinier !
Elle a besoin d’eau, d’engrais, de minéraux.
L’être humain a un potentiel, comme la fleur.
Pour réaliser ce potentiel, ses besoins doivent être satisfaits.
Isaac Getz voit 3 étapes à franchir, pour 3 besoins prioritaires des êtres humains :
L’égalité, le développement personnel, l’auto-direction.

1) L’égalité intrinsèque

Le manager doit créer un environnement qui respecte et qui fait confiance aux autres, car les salariés ne veulent pas être traités moins bien que les autres.
Dans l’armée, les Forces Spéciales fonctionnent de cette manière.
L’inconvénient, c’est que le manager répond au problème au lieu de laisser le collaborateur trouver la solution.
Il doit plutôt lui dire : « j’ai confiance, tu trouveras » et ne pas lui donner la solution, elle doit venir de lui.
Isaac Getz nous donne un exemple concret.
Il a rencontré il y a quelques années un entrepreneur qui a fait fortune à Hong Kong et racheté un vignoble en Californie.
Son but : en faire un vignoble exceptionnel.
Pour y arriver, la qualité des vins ne suffit pas : il décide d’embaucher les meilleurs collaborateurs, de leur donner de bonnes conditions de travail et la liberté pour exprimer leur art.
Fidèle à sa conception du management, que le patron doit laisser ses collaborateurs prendre les décisions par eux-mêmes, il passe la majorité de son temps à la pêche !
Un jour, son maître de chais l’appelle : le taux d’alcoolémie des raisins s’annonce trop élevé.
Oui, dit le propriétaire et ensuite ? – on va être obligé de faire des vendanges vertes…
Et quelles en seront les conséquences répond le patron du vignoble ?
On va certainement perdre 1,5 millions de dollars !…
Ecoute, lui répond son patron, c’est toi le spécialiste de la vigne, moi, je n’y connais rien ; donc, je suis certain que tu vas prendre la bonne décision ; sur ce, je te laisse, je pars à la pêche !…
Que s’est-il passé ensuite ?
Le maître de chais a pris la décision de faire des vendanges vertes, il a fallu couper la moitié des raisins, mais la récolte restante a été excellente et a permis au vignoble d’être classé dans les 50 premiers vignobles mondiaux !

2) Le développement personnel.

Il faut donner la possibilité aux salariés de faire ce qui correspond à leur talent.
Isaac Getz donne l’exemple d’une entreprise, qui, ayant changé son organisation, ayant trouvé des missions correspondant aux talents des salariés, est passée d’une grande difficulté à une performance inégalée parmi ses concurrents.

3) L’auto-direction

Les gens n’aiment pas qu’on leur dise ce qu’ils doivent faire : ce sentiment commence très tôt, à deux ans !
L’entreprise a donc tout intérêt à favoriser la prise d’initiative.
Isaac Getz montre que l’on obtient la coopération des salariés en leur expliquant pourquoi on doit réaliser telle ou telle mission, pas comment ils doivent s’y prendre pour la réaliser.
C’est la démarche adoptée par les entreprises dites « libérées », comme FAVI en France, Harley Davidson ou Gore aux Etats-Unis.

C’est parce que la première des conditions pour que les salariés soient heureux est la liberté, qu’Isaac Getz a résumé les initiatives dans ce domaine par « entreprise libérée ».
Il s’agit de rendre l’entreprise plus performante en libérant les salariés de la hiérarchie et du contrôle.
– gain pour les salariés : Ils s’organisent par eux-mêmes, sans procédure complexe à suivre et sans autorisation hiérarchique à demander.
– gain pour l’entreprise : elle économise des coûts importants générés par la structure du siège, les services de contrôle et la pyramide hiérarchique.

getz

Pour aller plus loin:

site d’Isaac Getz sur la démarche d’entreprise libérée:

http://liberteetcie.com

itw d’Isaac Getz lors de sa venue à Bordeaux en juin 2015 lors du cycle Valoriser le capital humain:

http://universitehommes-entreprises.com/management/isaac-getz-2-lentreprise-liberee-est-elle-source-de-bonheur-au-travail

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A propos Christophe de La Chaise

Bordelais depuis 20 ans, directeur du CECA. La conviction du CECA, à mi-chemin de la communication et du conseil RH, est que la performance de l’Entreprise (au sens large) vient de son capital humain. Cette conviction s’exprime lors de l’Université Hommes-Entreprises, un séminaire de réflexion de « remise en question positive » qui réunit plus de 500 décideurs fin août à Bordeaux (château Smith Haut Lafitte) et depuis 2012, avec le cycle Valoriser le capital humain. Mots clés du CECA : films, conseil en communication/RH, veille/informations.

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