Le destin d’Ingrid Betancourt

Ecrit par Christophe de La Chaise. Publié dans A la une, Bonheur et performance

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Publié le juillet 08, 2015 avec Commentez

Rarement un personnage public n’aura été autant adulé et controversé.
Peut-on encore s’engager ? Retrouver la confiance ; Quelles valeurs transmettre ? La valeur du temps ; courage et prise de risque, chacun des thèmes des dernières Université Hommes-Entreprises auraient été taillé sur mesure pour elle.
Retour sur une femme hors du commun.

« Vous êtes tous corrompus! »

Ingrid Betancourt est la fille de Gabriel Betancourt, ancien ministre colombien et de Yolanda Pulecio Vélez.
Elevée entre Bogota et Paris, elle s’engage en politique, est élue députée, puis sénatrice, avec un résultat record dans l’histoire de la Colombie.
En 2001, elle s’engage dans la course aux élections présidentielles, avec une conviction : la priorité doit être donnée à la lutte contre la corruption, qui gangrène son pays, fige les inégalités et bloque l’économie.
S’adressant à ses anciens collèges du Sénat, elle les prévient : « si je suis élue à la Présidence de la République, vous perdrez tous votre siège, car vous êtes tous corrompus ! »
Le ton de la campagne est donné !…
Sillonnant le pays avec son équipe et des gardes du corps omniprésents, elle sait qu’elle représente une menace pour de nombreuses personnes, que son programme inquiète…
Début 2002, une équipe de télévision canadienne vient la filmer chez elle et interroge ses enfants : oui, nous sommes conscients des menaces qui pèsent sur nous ; que notre mère peut être assassinée, ou enlevée, nous en avons souvent parlé ensemble, mais ce combat politique est ce qui l’anime et nous faisons confiance, disent-ils.

L’enfer de la détention

Peu de temps après, elle doit se rendre dans une région récemment reprise par l’armée sur les FARC, pour soutenir un maire de son parti, « Oxygeno verde ».
L’entreprise est risquée, d’autant plus que la présidence lui retire au dernier moment son escorte armée, mais sa campagne ayant pris du retard, elle décide de maintenir sa réunion politique,
Au détour d’un chemin, c’est l’embuscade : en quelques secondes, une hésitation, une marche arrière qui passe mal, Ingrid et son équipe se retrouvent prisonnières.
Ce sera le début d’un long calvaire qui va durer plus de 6 ans.
Il faut lire le récit spécialement prenant de cette captivité, Même le silence a une fin pour comprendre les conditions terribles de cette détention, car ses tortionnaires ont construit un système où tout est fait pour rabaisser la dignité humaine : agressions et humiliations constantes, promiscuité entre les otages, prime à la délation systématique.
Les brimades ne manquent pas : les prisonniers sont régulièrement enchaînés par le cou, y compris lorsqu’ils doivent faire de longues marches à travers la jungle, chargés de leur équipement, sous les pluies incessantes.
Dans cet univers concentrationnaire, la performance d’Ingrid Betancourt est certainement de s’être toujours battue pour la dignité, mais aussi, de n’avoir eu de cesse de retrouver ses enfants en s’évadant.
Chaque tentative d’évasion est sanctionnée cruellement : par l’enchaînement, l’isolation et donc l’interdiction de communiquer avec les autres otages, les humiliations incessantes, jusqu’à la sanction la plus terrible, lors de sa 5ème tentative d’évasion.
L’ex-otage ne cache rien des conflits avec ses camarades d’infortune, savamment entretenus par ses geôliers, dont la plupart se sont enrôlés dans les FARC pour échapper à la vie misérable de paysan.
Sont bien décrits également les amitiés qui se nouent, aux confins de la maladie et de la mort, comme avec le sénateur Lucho, un de ses compagnons d’infortune, gravement atteint du diabète.
La libération d’Ingrid tient autant du miracle que d’un James Bond ; et pourtant, même si elle retrouve enfin sa famille, il va falloir réapprendre à vivre : le bonheur est-il encore possible ?
A-t-elle pu pardonner à ses anciens bourreaux ? A-t-elle pu retrouver sa vie d’avant ? Son combat politique est-il toujours aussi présent ?
Réponse le vendredi 28 août à 14h00 lors de la 21ème Université Hommes-Entreprises au château Smith Haut Lafitte (Bordeaux).

meme le silence

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A propos Christophe de La Chaise

Bordelais depuis 20 ans, directeur du CECA. La conviction du CECA, à mi-chemin de la communication et du conseil RH, est que la performance de l’Entreprise (au sens large) vient de son capital humain. Cette conviction s’exprime lors de l’Université Hommes-Entreprises, un séminaire de réflexion de « remise en question positive » qui réunit plus de 500 décideurs fin août à Bordeaux (château Smith Haut Lafitte) et depuis 2012, avec le cycle Valoriser le capital humain. Mots clés du CECA : films, conseil en communication/RH, veille/informations.

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