le Bonheur au travail

Ecrit par Christophe de La Chaise. Publié dans A la une, Bonheur et performance

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Publié le avril 28, 2015 avec Commentez

Dans le monde du travail, deux tendances contradictoires s’affrontent :
– D’une part, la pression importante sur le résultat : la compétition mondiale oblige certains grands groupes à fusionner, entraînant son lot prévisible de licenciements.
Récemment, le Président d’un sous-traitant de l’aéronautique nous expliquait son désarroi : son entreprise de 2000 salariés a des marges confortables et pourtant, son actionnaire britannique lui a demandé, fin 2014, de baisser sensiblement son budget R&D et même de prévoir des licenciements en 2015 !
Le motif invoqué est toujours le même : remonter le cours de l’action !
– D’autre part, la prise de conscience que des salariés heureux entraînent une hausse de la performance de l’entreprise.
Cette prise de conscience, théorisée par le professeur de management Isaac Getz*est heureusement de plus en plus répandue dans le monde de l’entreprise.
Elle a fait l’objet d’un reportage particulièrement bien réalisé par la chaîne Arte en février 2015.
L’un des protagonistes les plus connus dans cette idée du bonheur au travail est le repreneur de l’entreprise FAVI, dans l’Oise, Jean-François Zobrist.

J François Zobrist
L’homme est bon.

Arrivé à la direction de cette fonderie fournissant des pièces de transmission pour l’industrie automobile, il balise les fondamentaux du management de l’entreprise par 2 principes ;
– L’Homme est bon
– L’amour du client.
1er principe : si l’Homme est bon, il n’a pas besoin de contrôle.
Une des premières décisions de Jean-François Zobrist est de supprimer les pointeuses.
Avant, dit-il, les opérateurs (ouvriers) arrivaient à 7h45 et attendaient 8h00 pour pointer.
Depuis, ils arrivent à 7h45 devant leur machine et utilisent le temps pour préparer leur machine et ranger autour : pour l’opérateur, c’est naturel et pour l’entreprise, c’est du temps optimisé.
Convaincu qu’il faut redonner le pouvoir aux productifs, il ré-organise toute l’entreprise en fonction des opérateurs, leur laissant beaucoup d’autonomie, et renforce sensiblement le service commercial, placé au centre de l’usine.
Les opérateurs sont également responsables des prévisions, des achats et de la qualité, lui permettant d’avoir tous les atouts en main pour négocier avec le client.
Les services supports : achats, qualité, prévisions, sont redirigés vers les services opérationnels (commerciaux par exemple, ou R&D).

2ème principe : l’amour du client.

C’est le client qui nous fait vivre, il faut donc orienter nos services et nos prix pour son bien.
L a question qu’il pose à chacun et à tous : « que pouvez-vous faire de plus et de moins cher pour augmenter l’amour de votre client ? »
L’usine est segmentée en mini-usines de 20 à 30 opérateurs, attachées à un client ou à un marché, de façon à ce que chacun sache pour qui il travaille et que c’est ce client qui le fait vivre.

Indicateurs de performance
Si Jean-François Zobrist supprime les pointeuses, il développe dans son usine des indicateurs de performance très précis :
– Compte d’exploitation mensuel, de façon à mesurer le cash-flow mensuel
– Marge par pièce
– Nombre de pièces produites par heure payée.
Ces informations sont traduites en langage commun : par ex, le résultat mensuel gagné, 300 000 euros par ex, soit x millions par an, devrait nous permettre d’obtenir 17 mois de salaires pour les opérateurs.
Les résultats de Favi sont éloquents : en quelques années, elle est devenue leader européenne sur ses marchés et son résultat d’exploitation tourne autour de 15%, bien au-delà de la moyenne du secteur.

Le bonheur au travail sera un des axes importants traités lors de la prochaine Université Hommes-Entreprises les 27 et 28 août prochains.

Jean-François Zobrist ouvrira la 21ème Université Hommes-Entreprises le jeudi 27 août 2015 au château Smith Haut Lafitte. Il interviendra le lendemain à Bruxelles à l’Université Trans-mutations.

* Isaac Getz, professeur de leadership à l’ESCP Europe, auteur de : Liberté et Compagnie sera le prochain intervenant du cycle Valoriser le capital humain à Bordeaux, les 11 et 12 juin 2015.

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A propos Christophe de La Chaise

Bordelais depuis 20 ans, directeur du CECA. La conviction du CECA, à mi-chemin de la communication et du conseil RH, est que la performance de l’Entreprise (au sens large) vient de son capital humain. Cette conviction s’exprime lors de l’Université Hommes-Entreprises, un séminaire de réflexion de « remise en question positive » qui réunit plus de 500 décideurs fin août à Bordeaux (château Smith Haut Lafitte) et depuis 2012, avec le cycle Valoriser le capital humain. Mots clés du CECA : films, conseil en communication/RH, veille/informations.

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